La paralysie du sommeil, un trouble étrange mais sans danger

Contenu publié le : 28.12.2022 et modifié le: 24.01.2023
Auteur du texte:  L'équipe SleepDoctor

Révisé par le Dr Thierry Castera

Être brièvement dans une impossibilité totale de bouger, au réveil ou à l’endormissement : un mauvais rêve qui peut tourner au cauchemar quand cette paralysie s’accompagne d’hallucinations. Fort heureusement, cette parasomnie est, sur le terrain de la santé, complètement bénigne.

Parmi les troubles du sommeil, il en est un qui est peu connu : la paralysie du sommeil. Celle-ci se range dans la catégorie des parasomnies, ces événements comportementaux ou psychiques anormaux et indésirables survenant pendant le sommeil ou à la lisière entre l’éveil et le sommeil.

Figé et halluciné

De quoi parle-t-on ? Une personne consciente en train de s’endormir ou de se réveiller se trouve complètement incapable d'effectuer le moindre mouvement, comme bouger un bras ou parler. Les muscles ne répondent plus pendant quelques secondes ou même plusieurs minutes.
En général, cette sensation d'immobilisation ne vient pas seule et s’accompagne d’hallucinations auditives, visuelles, tactiles, kinesthésiques, qui marquent plus le sujet que l’épisode de paralysie lui-même. La plus courante des hallucinations est la sensation d'une présence intruse dans la pièce [1]. Pire, le sujet peut se sentir oppressé, étouffé, ou avoir l’impression de sortir de son corps, comme en état de mort imminente. Un véritable cauchemar !

Quand le sommeil et la veille s’entremêlent

Ce phénomène, qui semble relever du paranormal, s’explique scientifiquement. Tant pis pour l’expérience mystique… Voilà ce qu’il se passe dans le cerveau du dormeur : lors d'une transition entre veille et sommeil (ou l’inverse), il peut arriver que le cerveau soit réveillé tandis que les muscles – hors cœur et poumons – soient déjà (ou encore) endormis. Un peu comme si les deux états de veille et de sommeil se chevauchaient.

Le sommeil paradoxal est le temps des rêves, donc d’une intense activité cérébrale, période durant laquelle, à la faveur d’un neurotransmetteur inhibiteur appelé la glycine, les muscles squelettiques sont, eux, complètement atones, ce qui évite au dormeur de se mettre en danger en effectuant les mouvements des actions dont il est entrain de rêver. Tout est magnifiquement ficelé. Sauf lorsqu’il y a une discordance entre le corps, hypotonique, et l’esprit, éveillé et pleinement conscient.
La bonne nouvelle est
qu'il est facile d'éviter de telles complications

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Non, vous n’êtes pas fou !

Selon les spécialistes, la moitié de la population connaît, au moins une fois dans sa vie, une expérience de paralysie du sommeil. Sur le long terme, elle toucherait 8 % de la population dépourvue de tout trouble clinique, bien que présente chez 20 % à 40 % des personnes atteintes de narcolepsie. Parmi les facteurs déclenchant, on retrouve toutes les causes qui perturbent le sommeil : l’anxiété, les insomnies, la dépression, les traitements médicamenteux. On la retrouve également chez les personnes régulièrement exposés au décalage horaire, dont le rythme circadien n’est pas aligné avec le cycle nycthéméral jour-nuit local.
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[1] « Hallucinoid Experiences Associated with Sleep Pralysis, Relations among Hypnagogic and Hypnopompic Experiences Associated with Sleep Paralysis », James Allan Cheyne, Ian R. Newby-Clark et Steve D. Rueffer, Journal of Sleep Research n° 8 (1999), pp. 313-7